Le contexte
Performance Webmarketing est une agence web brestoise créée en 2018 : création de sites, référencement naturel, Google Ads, formations. J'y étais en stage à la fin de mon BTS SIO quand l'agence m'a proposé d'y faire mon alternance de concepteur développeur d'applications. J'ai accepté.
L'équipe comptait cinq personnes — un dirigeant, deux chargés de webmarketing, une designer et moi, seul développeur. La première mission qu'on m'a confiée n'était pas un projet client : c'était le site de l'agence elle-même.
Un exercice particulier. C'est la vitrine d'une agence dont le métier est justement de faire des sites et du référencement pour les autres — elle ne pouvait pas être moins bonne que ce qu'elle vend.
Le point de départ
Le site vieillissait et ne correspondait plus à ce que l'agence était devenue. Le problème n'était pas seulement esthétique : la charte graphique elle-même, typographie et logo compris, avait pris un coup de vieux.
J'ai commencé par une étude des tendances du moment, pour situer où le site se plaçait et ce qu'il fallait rattraper.
La nouvelle identité
Chargé du projet, j'ai proposé plusieurs pistes de logo à l'équipe avant d'arriver à celle qui a été retenue.
Avant

Après

J'ai gardé le bleu — il porte la confiance, la sécurité, la fiabilité, et c'était
déjà la couleur de la maison. Ce que j'ai changé, c'est la forme : un monogramme
pw. à la fois rond et brut, qui tient aussi bien en favicon qu'en pleine page.
Le maquettage
Le nouveau logo posé, on a attaqué la maquette. Plusieurs versions, beaucoup de versions, avant de trouver la ligne directrice.
Explorations

Je me suis concentré d'abord sur la page d'accueil : c'est elle qui fixe le ton du reste.
Page d'accueil

Le développement
J'ai développé le site en Nuxt 3, avec Tailwind pour les styles. Le découpage en composants réutilisables — navigation, boutons, cartes, pied de page — a permis de tenir la cohérence sur l'ensemble des pages : accueil, agence, création de sites, webmarketing, SEO, Google Ads, formations, réalisations, avis clients, blog, contact.
J'ai créé l'organisation GitHub du projet et branché le déploiement sur Vercel : chaque push génère une URL de prévisualisation, ce qui a permis à l'équipe de commenter directement sur les pages plutôt que par mail.
Un point auquel je tenais : le middleware de redirections, qui renvoyait automatiquement les anciennes URL vers les nouvelles. Sans lui, une refonte fait perdre d'un coup le référencement patiemment accumulé par les anciennes pages.
Formulaire de contact

Le formulaire de contact est l'élément le plus critique d'un site d'agence : c'est par
lui qu'arrivent les demandes. Je l'ai construit sur une API interne à Nuxt, avec
validator pour contrôler les champs côté serveur — un formulaire ouvert est aussi une
porte d'entrée pour les injections — et nodemailer pour la transmission à l'équipe.
Les erreurs remontent sans rechargement de page.
Le blog, en WordPress headless
L'agence publie des articles. Il était hors de question que chaque publication passe par moi.
J'ai donc branché un WordPress headless : l'équipe rédige dans une interface qu'elle connaît déjà, et le site consomme les articles via l'API REST pour les afficher dans le design du site. Le meilleur des deux : la liberté du front, le confort d'écriture du CMS.
Un article

Avec le recul, c'est ce choix qui contenait déjà la suite de l'histoire.
De Nuxt 3 à WordPress
Le blog en headless avait réglé le problème de l'écriture des articles. Il ne l'avait pas réglé pour le reste du site : une page à ajouter, un tarif à corriger, une référence client à publier — tout cela repassait par un développeur.
Un site vitrine d'agence vit tous les jours. Tant que chaque modification demande un commit, le site se fige — et un site figé, pour une agence de webmarketing, est un mauvais argument commercial. J'ai donc entièrement refait le site sous WordPress, non pas pour la technique, mais pour la maintenabilité : rendre l'équipe autonome sur son propre contenu.
C'est le genre d'arbitrage qu'on n'apprend pas en cours : accepter de jeter une version qui fonctionne parce qu'elle résout le mauvais problème.
Le résultat
Le site est toujours en ligne, et toujours sous WordPress. Il a continué de vivre depuis : nouvelles pages, nouvelles offres, nouveaux contenus, publiés par l'équipe elle-même.
C'est la meilleure validation qu'attendait la décision de rebasculer. Un site qu'on peut faire évoluer sans son développeur est un site qui continue d'exister après son départ.